Pâques et les enfants : faut-il donner du chocolat à bébé ?

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Chaque année, c’est la même chose.

Les vitrines commencent à se remplir de cloches, de lapins et de poules en chocolat. Les supermarchés débordent de petits œufs colorés. Et très vite, les familles commencent à se demander :

“Bon… et notre bébé dans tout ça ? Il peut manger du chocolat à Pâques ?”

Parce qu’aujourd’hui, Pâques est devenu une fête très centrée autour du chocolat.

Les grands-parents offrent du chocolat.

Les parrains et marraines offrent du chocolat.

Les amis offrent du chocolat.

Et parfois, en une seule journée, un enfant peut se retrouver avec une quantité de chocolat absolument énorme autour de lui.

Alors aujourd’hui, j’avais envie de prendre un moment pour parler de tout ça avec vous.

Sans dramatiser.

Sans culpabiliser.

Mais avec quelques repères pour vous aider à y voir plus clair.

À partir de quel âge un enfant peut-il manger du chocolat ?

Commençons par la question que beaucoup de parents se posent.

Un bébé peut-il manger du chocolat ?

En réalité, les recommandations nutritionnelles conseillent généralement d’éviter le chocolat avant l’âge de 3 ans.

La raison est assez simple.

Le chocolat contient naturellement de la caféine et de la théobromine, deux substances excitantes. Même si les quantités restent relativement faibles, le système nerveux des jeunes enfants est encore très sensible à ce type de stimulants.

Mais ce n’est pas le seul point.

La majorité des chocolats destinés aux enfants sont également très sucrés, très gras et souvent ultra-transformés.

Ce ne sont donc pas les aliments les plus intéressants d’un point de vue nutritionnel pour les tout-petits.

Cela ne signifie pas pour autant qu’un enfant qui goûte un petit morceau de chocolat lors d’un repas de famille va courir un danger.

Il faut simplement garder à l’esprit que le chocolat doit rester exceptionnel et occasionnel, surtout chez les jeunes enfants.

Le vrai problème du chocolat à Pâques

En réalité, le problème n’est pas tant le chocolat lui-même.

Le problème, c’est souvent la quantité.

À Pâques, un enfant peut recevoir :

des œufs en chocolat

des lapins en chocolat

des poules en chocolat

des sachets entiers de petits œufs

Et très vite, cela peut représenter plusieurs centaines de grammes de chocolat.

Quand on donne ensuite un petit morceau chaque jour pour “finir les chocolats”, cela peut créer une habitude.

Or l’objectif de l’alimentation des jeunes enfants est plutôt de construire des habitudes alimentaires équilibrées, où les produits très sucrés restent occasionnels.

Attention aux risques d’étouffement avec certains chocolats

Un autre point auquel on pense moins concerne les risques d’étouffement.

Certains chocolats de Pâques font partie de la catégorie des aliments que l’on appelle PRD : petits, ronds et durs.

Ces aliments présentent un risque d’étouffement chez les jeunes enfants.

C’est le cas par exemple :

  • des petits œufs en chocolat
  • des chocolats pleins
  • de certaines billes de chocolat

Chez les jeunes enfants, on recommande généralement d’éviter ces formes jusqu’à environ 4 ou 5 ans, ou de les couper en petits morceaux.

Les chocolats avec des noisettes : un risque jusqu’à 7 ans

Certains chocolats peuvent également contenir des oléagineux entiers, comme des noisettes.

C’est par exemple le cas des Ferrero Rocher.

Or les oléagineux entiers représentent un risque d’étouffement jusqu’à environ 7 ans, selon les recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS).

Il est donc préférable d’éviter ce type de chocolat chez les jeunes enfants.

Tous les chocolats ne se valent pas

Si vous souhaitez tout de même offrir du chocolat à votre enfant à Pâques, il peut être intéressant de privilégier la qualité plutôt que la quantité.

Beaucoup de chocolats industriels sont conçus pour être très sucrés et très gras, avec des arômes et des additifs.

À l’inverse, un chocolat artisanal contient souvent moins d’ingrédients et davantage de cacao.

Un chocolat noir autour de 70 % de cacao permet par exemple de découvrir le vrai goût du chocolat, sans être trop amer pour un enfant.

Il n’est pas nécessaire de monter sur des chocolats très forts comme le 90 % ou le 100 %, qui peuvent être trop intenses pour les jeunes palais.

Il faut se rappeler que les enfants possèdent davantage de papilles gustatives que les adultes, ce qui rend certaines saveurs beaucoup plus puissantes pour eux.

Une autre idée pour Pâques : la chasse aux trésors

Une chose que j’aime beaucoup rappeler aux parents, c’est que les enfants adorent la chasse aux œufs… mais pas forcément pour le chocolat.

Ce qu’ils aiment vraiment, c’est chercher et découvrir.

Alors pour les plus jeunes enfants, notamment avant 3 ans, on peut tout à fait organiser une chasse aux trésors sans chocolat.

On peut par exemple cacher :

  • des petites figurines d’animaux
  • des petits livres
  • des autocollants
  • du matériel créatif
  • des petits jouets

Les magasins de loisirs créatifs ou même certaines enseignes proposent des objets très simples qui peuvent faire énormément plaisir aux enfants.

Une autre idée consiste à organiser une chasse aux indices, au bout de laquelle les enfants découvrent un seul grand œuf en chocolat.

Cela permet de garder l’esprit de la fête tout en évitant une accumulation de chocolat.

Un mot pour soutenir les artisans

Je termine cet article par un point qui me tient particulièrement à cœur.

Mes parents sont boulangers, pâtissiers, chocolatiers et confiseurs.

Je sais donc à quel point les artisans font face à des périodes difficiles, notamment avec l’augmentation des coûts et des charges.

Alors si vous devez acheter du chocolat pour Pâques, pensez si vous le pouvez à privilégier les commerces de proximité :

  • un chocolatier
  • une boulangerie artisanale
  • un commerce de quartier

Ce n’est pas forcément plus cher, et c’est souvent bien meilleur pour la santé et pour l’économie locale.

À retenir

Pour résumer :

  • le chocolat est généralement déconseillé avant 3 ans
  • à Pâques, le problème est souvent la quantité
  • certains chocolats présentent des risques d’étouffement
  • privilégier la qualité plutôt que la quantité
  • la chasse aux trésors peut remplacer la chasse au chocolat
  • soutenir les artisans reste un très beau geste

Si vous voulez retrouver les aliments typiques de Pâques analysés un par un (chocolats, agneau, lapin, etc.), vous pouvez consulter l’Alimentoscope sur mon site.

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